De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Est-il important de plaire ?

Est-il important, lorsque l’on a cinquante-trois ans, de vouloir plaire ? Jeanne-Elise ne s’était plus posé la question avant de se dire qu’elle faisait peut-être le plus mauvais effet sur d’autres parasites qui s’abreuvent des soucis des autres pour se sentir revivre. Faut-il toujours aimer plaire lorsque l’on a cinquante-trois ans ? Telle est la question primordiale du jour. Jusqu’ici, Jeanne-Elise s’en fichait pas mal, du qu’en dira-t-on et du « est-ce que j’ai raté ou réussi ma vie » ?

Jeanne-Elise se dit qu’elle aura sans doute réussi quelque chose dans sa vie lorsqu’elle sera éditée. Mais elle sera surtout éditée par ses propres soins. Elle publiera ses écrits à compte d’autrice, de l’autrice qu’elle est. Jeanne-Elise sait qu’elle n’est pas lue mais elle retrouve un peu d’elle dans de nombreux écrits, images et autres fariboles qui s’appellent créations.

Jeanne-Elise s’aime et c’est tout ce qui compte. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Jeanne-Elise s’en est fait une antienne. Son chat, la divine Moona, l’aime aussi, c’est évident. Et puis après, advienne que pourra. Jeanne-Elise se fiche de l’opinion des autres, de ceux qui veulent la faire culpabiliser de son état psychologique alors qu’elle ne demande rien d’autre que de pouvoir fonctionner normalement, comme avant, avec ses désirs d’écrire et de fuir tout ce qui fait société.

Quant à Jean-Eric, il n’existe que pour Jeanne-Elise. Il est à l’intérieur d’elle, dans son plus for intérieur, dans son grand fort, dans les remparts qu’elle s’est construite avec son goût pour l’écriture qui est bien plus qu’un goût, c’est une manière et un moyen de vivre. Elle est en train d’écrire son grand oeuvre. Elle ne fera certainement pas date pour le moment et pas avant sa mort. L’objectif de sa vie : pouvoir bâtir cette grande oeuvre en étant débarrassée des contingences matérielles. Autrement dit : pouvoir écrire sans se poser la question du : comment maintenant gagner ma vie ?

Une question éminemment politique. jeanne-Elise ne veut rien faire d’autre qu’écrire et assurer sa postérité. Elle sait qu’elle n’écrit pas pour ses contemporains qui ne la comprennent pas. Un fossé entre elle et ces générations préoccupées par le « plaire » dont Jeanne-Elise veut se défaire. Jeanne-Elise se dit que les gens peuvent bien critiquer ce qu’elle est, ils n’auraient certainement jamais pu vivre ce que Jeanne-Elise a vécu ces cinq dernières années. Jeanne-Elise est bien plus courageuse que qui que ce soit. Elle doit désormais se protéger des envies des autres de la voir rechuter.


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