De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne se fait dilapider

Les frères de Jeanne ont décidé qu’elle serait déshéritée. Ils veulent lui donner le minimum. Léser une personne handicapée. La mère de Jeanne disait que ses frères étaient sales au propre comme au figuré. C’est la triste réalité aujourd’hui. Jeanne les voit à l’oeuvre. Ils l’attendent au tournant pour qu’elle soit internée et, le cas échéant, qu’on la destitue de ses droits de citoyenne. Ils rêvent de la voir sous curatelle. Son frère, le plus jeune, lui a dit qu’elle pouvait d’ores et déjà demander une sauvegarde de justice. Autant qu’elle se mette directement dans la gueule du loup.

Jeanne a sa dignité pour elle, ce que n’ont pas ses frères. Quand elle voit ce que le plus jeune de ses frères est en train de faire de la maison de sa mère, elle en frémit. Cette maison-là est devenue un taudis empli d’alcools en tous genres. Que dire alors de la maison de Bretagne ? Jeanne n’a pas besoin de craindre le pire, elle connaît déjà l’état de celle-ci. Ses frères ne savent ni vivre, ni habiter une maison. Tous deux ont beaucoup d’orgueil, tous deux ont beaucoup de prétentions.

La vie de Jeanne est vide de sens quand ses frères squattent les affaires de sa mère. Elle voit qu’ils veulent tout dilapider, se vautrer dans des affaires qui ne leur appartiennent en fait pas. S’ils avaient fait la preuve de la moindre compassion dans les dernières semaines de vie de sa mère, Jeanne aurait peut-être compris. Mais ce n’est pas le cas. Le plus jeune est allé voir sa mère à l’hôpital une seule fois, l’autre n’a pas daigné se déplacer. Il s’est juste enquis de son état de santé. Et si jamais elle devait mourir ? Lui avait tout intérêt à ce qu’elle meure. Le plus jeune des frères disait que sa mère faisait du cinéma. Et puis voilà. La maman de Jeanne est décédée. Sont-ils dignes de la mériter ?

Jeanne sait qu’elle peut se regarder en face même si les derniers instants de sa mère ont été difficiles. Jeanne s’était réfugiée dans l’écriture pour oublier la mort de son chat Cerise, son évincement de la médiathèque d’Aurelcastel, les séjours de sa mère à l’hôpital et la dégradation de sa santé. Jeanne a tout survolé, s’est réfugiée dans un travail sans fond. Est-il toujours vain d’écrire quand on va mal ? L’écriture a toujours été le salut de Jeanne. C’est son seul moyen d’exister, même si elle n’est pas lue. Elle existe dans l’acte d’écrire, avec les mots qu’elle utilise pour composer des phrases. Ses jets d’encre sont salutaires. Il faudra bien que tout le monde s’y fasse.

En tout cas, ce qu’elle sait, c’est qu’elle n’en n’a pas fini avec la jalousie de son plus jeune frère qui veut la contrôler. Il essaie de faire en sorte qu’elle soit internée. Il contribue à son mal-être. Pour elle, son frère aîné n’existe plus. Il y a belle lurette qu’elle l’a oublié. Reste qu’il faudra qu’elle oublie le plus jeune qui s’immisce dans sa vie. Il s’est d’ailleurs auto-déclaré administrateur de l’un de ses sites alors qu’il n’a aucun droit de regard sur ce que Jeanne écrit. Il veut tout piloter en sous-main. Jeanne ne se laissera pas faire.

Jeanne continue à creuser sa digue pour laisser sa source se déverser dans le cours d’eau et lui faciliter son immersion dans la rivière puis dans le fleuve puis dans l’océan. Jeanne ira vivre au bord de la mer, qu’on se le dise !


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