De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne poursuivie par les assiduités d’une insatiable

Jeanne sait pertinemment qu’il faut arriver à satiété pour véritablement s’épanouir, ce que ne semble pas approuver Modestine Pignolle, joyeuse thésarde de 38 ans, qui n’a pas trouvé plus écocidaire que de se reproduire et laisse à la terre une marque indélébile de son passage avec la fabrication d’un enfant. L’insatiable quête de l’enfant, l’insatiable besoin de l’enfant qui grignote de plus en plus de terres devenues de plus en plus rares.

Y’a-t-il encore une place pour un humain sur cette terre ? Jeanne pense que la reproduction des êtres humains a atteint ses limites. Il faut bien que quelques humains se « sacrifient » en affichant aucun humain au compteur. Pour Jeanne, être nullipare n’a jamais été un sacrifice. Elle n’a jamais souhaité avoir d’enfant et pas seulement à cause de sa maladie. Elle s’était déterminée comme nullipare à l’aube de ses vingt ans, quand elle fut jeune fille au pair en Allemagne et en Autriche. Les deux enfants dont elle devait s’occuper l’ont définitivement dégoûtée de l’envie de devenir mère un jour. Une décision qu’elle mûrissait depuis l’âge de ses huit ans. Sa mère, un jour, lui avait dit qu’il fallait qu’elle devienne « institutrice pour pouvoir s’occuper de ses enfants ». Comme un fait exprès, à partir de ce moment-là, elle n’a jamais voulu devenir ni institutrice, ni mère de famille.

De manière générale, tout ce qui touche à l’enfance la ramène à sa propre enfance. Jeanne savait qu’elle était une femme-enfant et qu’il n’y avait de la place que pour un chat dans sa vie. Jeanne savait qu’elle était assez riche intérieurement pour s’inventer des vies. Son e-réputation était fichue depuis qu’une soi-disant célèbre blogueuse l’avait traînée en justice sur la place publique d’internet. Les requêtes google à son nom affichaient cette affaire en la mettant sur le haut du pavé, ce qui n’était pas le cas de la recherche bing où toute cette affaire n’apparaissait pas. Jeanne avait remarqué que les recherches google et bing étaient totalement différentes et que les requêtes prenaient une tournure toujours polémique sur google (cela pouvait détruire des réputations) et pas sur bing. Les requêtes sont de plus beaucoup plus fouillées sur Bing et plus complètes, au contraire de google.

Jeanne se fiche bien de sa réputation. En bon bélier, elle se fiche du qu’en dira-t-on. Qui vivra verra, dit-elle fréquemment. Et à dieu va !


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