
Statu quo pour Jeanne, qui a tout de même du mal à trouver un équilibre dans son écriture. Elle savait qu’elle devait se composer une routine comme tout bon écrivain. De routine, elle n’en n’avait pas. Elle pensait à Jean qui s’inscrivait bien, lui, dans une routine d’écriture. Jeanne avait sa maladie pour seul carcan. Elle devait faire ses gammes.
Jeanne écrivait de manière fortuite. Elle écrivait encore à l’envie. En ce moment, elle écrivait peut-être un peu sans envie. Depuis qu’elle savait que cela allait être son horizon professionnel, elle avait dû mal à s’imaginer des contraintes. Elle était en roue libre et ne comptait désormais que sur ses envies d’écrire qui existaient toujours. Mais pour qui écrivait-elle ? Pour l’instant, elle n’écrivait pour personne. Sur Instagram, personne ne la lisait. Tout le monde aimait ses photographies et pas ses poèmes. Elle se disait qu’elle allait commencer par publier un recueil de poèmes sans photographies. Peut-être trouvera-t-elle ainsi des lecteur.ices.
Jeanne pense à Jean. Lui donnera-t-il des conseils pour se faire publier ou pour publier à compte d’auteur.ice ses poèmes ? Jeanne penche pour la deuxième solution. Jeanne lit aussi beaucoup en ce moment. D’où peut-être son manque d’inspiration pour continuer les deux novelas qu’elle a débutées. Jeanne stagne dans ses mots, ses idées. Statu quoi pour Jeanne qui n’est pas malade en ce moment. Elle vit en recluse, loin de toute vie en société. Jeanne ne sait plus ce que faire société veut dire concrètement. Jeanne n’est ni dans un gouffre, ni dans un ravin. Elle est juste dans une grotte, à l’abri dans sa maison, loin de toute civilisation. Elle n’a que la compagnie de son chat pour seule boussole. Elle écoute des artistes maliens. Elle apprécie Rokia et Boubacar Traoré. C’est aussi ceci sa nouvelle boussole.
Jeanne s’imagine en griotte. Jeanne est un peu griotte, conteuse et passeuse d’histoires et d’envies. Jeanne n’a rien inventé, elle veut juste faire passer ses petits contes pour rendre des comptes. Jeanne aime Jean et pense à Eric Chevillard dont elle apprécie l’Autofictif. En ce moment, elle lit ces Autofictifs et se dit qu’il faudrait qu’elle en lise davantage, qu’elle se replonge dans ces carnets quotidiens d’un autre temps, d’une autre année, pour se rendre compte de ce que sa vie aurait été sans écrire. Voilà. Jeanne est fictive et autosuffisante. Elle est autosubjective.
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