
Quoi qu’elle ait fait et où qu’elle passe, Jeanne s’est toujours sentie persona non grata. Décalée, déplacée, même au CMP, Jeanne ne se sent la bienvenue ni chez les gens dits « normaux », ni chez les gens dits « malades ». Jeanne est dans un entre-deux, entre normalité et particularité.
Au plus fort de sa maladie, Jeanne se pensait médium. Elle pensait donner des prophéties par télépathie. Elle pensait qu’elle était hypnotisée par une force en dehors d’elle. Jeanne voudrait trouver refuge dans l’amour. Jeanne voudrait se lover dans l’amour, comme pour mieux échapper à sa réalité de fille « ratée ».
Jeanne a-t-elle tout raté dans sa vie ? Jeanne ne peut pas laisse dire qu’elle a tout raté dans sa vie tant la maladie l’a totalement guidée depuis plus de vingt ans que l’on a diagnostiqué sa schizophrénie. Sa maladie est-elle le reflet du ratage de sa vie ?
Jeanne ne sent pas que sa vie est ratée. Elle a l’écriture pour lui prouver qu’elle peut créer un univers. Elle peut même créer des univers. Mais que peut-elle faire maintenant qu’elle n’est plus en phase maniaque avec de grandes phases d’écritures ? Jeanne n’est plus dans l’emphase. Jeanne n’a plus trop le goût de vivre. Jeanne ne sait plus ce que c’est que bien vivre maintenant qu’elle a perdu ses « pouvoirs magiques » de mediumnité telle qu’elle pensait en être douée.
Il faut bien se rendre compte qu’elle n’est en rien medium lorsqu’elle n’est pas en phase maniaque. La vie de Jeanne est certainement une vie ratée. Pas d’enfant, pas de conjoint, pas de job et une maladie qui la handicape jusqu’à la fin de ses jours. Que faire pour tout de même continuer à vivre ? Ecrire ?
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