De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Savoir où l’on va

Jeanne doit définir ses projets d’installations. Où sera-t-elle le mieux installée ? Quelles sont ses priorités ? A-t-elle les moyens de se faire confiance ou de se faire peur ?

Aujourd’hui, Jeanne essaie de voir plus loin que le petit bout d’une lorgnette. Quelles sont ses envies ? Qu’est-ce que définir un projet ? Professionnel ? Personnel ?

Jeanna a besoin de temps pour réfléchir à sa vie, à ce qu’elle veut voir le matin quand elle se lève ou le soir quand elle se couche. Est-ce de voir le soleil dès son lever ou à son coucher ? Quel sera le meilleur spot pour tourner autour du soleil ? Qu’est-ce qui a réellement de l’importance maintenant ?

« Une vie à l’œuvre », telle est l’œuvre de Jeanne désormais. C’est ce qui la maintient en patience avant de partir définitivement d’Aurelcastel. Construire une grande fresque littéraire est sa priorité pour l’instant tant qu’elle vivra à Aurelcastel où tous les horizons sont bouchés, aussi bien professionnels que personnels. Jeanne est seule et isolée à Saint-Avit-les-Monts. Bien sûr, elle a Moona, son chat, quelques gentils voisins avec lesquels il est permis de discuter. Et puis c’est tout. Ses amies n’habitent pas à proximité de ce lieu de vie, de ces communes qui partent en décrépitude et qui n’organisent rien et ne prévoient rien, tant en matière de transport collectif que de ce qui fait que l’on se reconnaît vivre en société.

Jeanne est donc isolée et totalement blackboulée de toute vie sociale. Evidemment il y a Jean, son correspondant, celui avec lequel elle bâtit une œuvre en correspondance. Ses vidéos continuent de bien fonctionner. Qu’aime-t-on dans les vidéos de Jeanne qui ont leur petit succès ? Des vidéos et un discours simples, rien de bien sorcier, des impros un peu hésitantes parfois mais Jeanne a désormais décidé de se faire confiance comme elle a entendu sa mère lui susurrer à l’oreille.

Jeanne adorerait raconter à sa mère les derniers potins du coin sans tomber dans le voyeurisme ou le misérabilisme. Juste lui parler des gens qu’elles connaissent. Les personnes qu’elles ont en commun. Ce qui faisait qu’à elles deux, elle faisaient société.

Jeanne, aujourd’hui, ne sait pas avec qui elle fait société et avec qui elle doit le faire si ce n’est ses amies qui ne vivent pas à proximité. Elle se demande ce qui fait société à l’heure actuelle aussi bien en France que dans le monde. Que met-on dans le pot commun ? Qu’est-ce qui est si universel que chaque être humain se reconnaîtra dans un ou plusieurs projets, dans une direction ?

Jeanne se dit que ce qui unit aujourd’hui les êtres humains, c’est cette chère planète que l’on appelle la Terre. Jeanne la chérit tellement qu’elle regrette que l’on veuille en faire une planète inhospitalière. On prévoit les tueries de masse. Est-ce qu’il faut réguler l’espèce humaine pour que les autres espèces puissent vivre en toute quiétude ?

A l’heure actuelle, rien n’arrête l’être humain dans ses désirs d’expansion. La folie est telle que chacun d’entre nous n’aura bientôt plus de place pour se faire une nouvelle idée de ce qui fait pot commun. Si ce n’est que dans le pot commun, il y a cette chère planète qui n’en peut plus de ces délires d’expansion. Qu’elle est en surchauffe. Qu’elle n’arrive plus à absorber la merde qu’on lui balance à travers le visage. Qu’il n’y a que la boue qui attire les puissants.

Jeanne, quand elle rêve de ses frères, s’imagine dans un cloaque où elle doit brasser un tas de merde. Car c’est bien la réalité : ses frères lui laissent un tas de merde qu’ils lui renvoient à la tête. Ce ne sont que des rêves après tout mais la merde est bel et bien là. Jeanne n’a pas dit un mot. Elle ne répondra pas alors qu’elle pourrait réagir. Jeanne ne va pas tomber dans ces procédés d’action/réaction. Elle a besoin de temps pour réfléchir à une réponse qui viendra bien un jour ou l’autre.

Jeanne se fait l’effet d’être la planète Terre. Elle tente d’être vertueuse pour ne rien gaspiller, ni son temps, ni son argent, ni les matières premières que l’on prélève à la nature. Pour Jeanne, la planète Terre est un lieu sacré qu’il faut absolument sanctifier. La planète est lourde, la planète a chaud. Jeanne est, pour le coup, sur la même longueur d’onde que Jean qui poursuit inlassablement ses créations vidéos et poétiques. Pour l’instant, il ne publie rien. L’été est toujours propice à la création.

Pas plus tard qu’hier, Jeanne a été particulièrement productive. Elle a relu un de ses récits et elle a apprécié ce qu’elle avait écrit jusqu’ici. Il ne lui reste plus qu’à continuer sur sa lancée. Tout ce qu’elle écrit sur son traitement de texte est pour l’instant secret et le restera encore pendant quelques années, jusqu’à ce qu’elle se décide à le publier. Jeanne a encore un peu de temps devant elle. Elle n’est pour l’instant pas très pressée. Elle veut absolument finir les romans qu’elle a entrepris mais elle n’est pas non plus encore pressée de les achever. Elle verra bien le moment venu. Elle a tant de choses encore à écrire…


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