
Jeanne sait où elle va artistiquement parlant. Elle continue d’écrire ses romans et ses récits. Rien ne l’arrêtera jamais réellement. Ni sa famille, ni ses amis, ni la société. Elle est engagée désormais dans une vie à l’oeuvre et compte bien continuer sur sa lancée.
Reste qu’un recommandé l’attend à la Poste et qu’elle ne sait pas d’où il vient. Qui pour lui signifier qu’elle n’est qu’une moins que rien, une fille finie qui a achevé sa vie. Jeanne ne sent pas qu’elle est finie. Elle sent qu’elle est à l’aube d’une nouvelle vie faite d’écritures et aussi d’abnégation. Se consacrer à l’écriture demande beaucoup de concentration. Jeanne ne sait pas qui lui en veut réellement. Elle va attendre pour savoir qui lui envoie cette missive. A moins qu’il ne s’agisse d’un colis. Et il faut reconnaître que tout ceci est bien mystérieux.
Jeanne ne veut plus se soumettre à l’autorité de qui que ce soit, à part celle de la loi de la République française. Il y a ce dont nous avons le droit et ce que nous devons. En République française, nous sommes, pour l’instant, toujours dans un état de droit. A moins que la donne change bientôt et que nous rentrerons dans une nouvelle ère, celle de la loi du plus fort qui, en réalité, fonctionne déjà.
Jeanne respectait sa mère autant que faire se peut et respectait son autorité même si celle-ci lui pesait. En revanche, elle ne se soumet plus à l’autorité de ses frères qui n’ont pas à lui dicter comment vivre. Il faudrait déjà qu’ils vivent.
Jeanne ne vit réellement que quand elle écrit. Ses récits ne paraîtront, si jamais ils devaient paraître, qu’après sa mort. Ce qu’elle écrit actuellement est marqué du sceau de la confidentialité. Si des gens lui reprochent ce qu’elle écrit, c’est qu’on a piraté ses comptes. Et là, Jeanne ne se laissera pas faire. Elle ne laissera aucune censure gagner l’intérieur de son foyer. Elle écrit en son for intérieur et ne partage ceci avec personne. Jeanne écrit en secret et n’a de compte à rendre à personne d’autre que son chat. Jeanne est seule.
Jean, quant à lui, se promène sur l’estran malgré la pluie. Il pose ses caméras et fait des vidéos-poésies qu’il destine à Jeanne. Quand Jeanne s’inquiète, Jean est calme et détendu. Ils ne sont pas au diapason en ce moment mais le week-end vient et la sérénité sera retrouvée.
Laisser un commentaire