De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jeanne s’accroche à la vie

Jeanne se sent comme une rose trémière qui aurait pris dans le bitume. Elle se sent coincée. Elle n’a plus de voiture et sa mobilité est sérieusement remise en cause. Elle ne se voit pas conduire une autre voiture que la sienne. Elle s’y était habituée depuis seize ans qu’elle la conduisait. Elle attend le verdict de l’expert et sait très bien qu’il ne repêchera pas son automobile. Donc, pour l’instant, elle est à pied. Elle fait plus de dix kilomètres à chaque fois qu’elle se rend à Aurelcastel, aller et retour. Jeanne se sent fatiguée et n’a plus l’âge de tous ces efforts. Quand elle était malade, Jeanne avait beaucoup d’énergies à revendre. Elle passait ses journées à travailler et à écrire et ne pouvait pas s’arrêter ni de gamberger, ni d’entamer une activité. Aujourd’hui, le calme est revenu pour Jeanne qui fatigue dès qu’elle doit faire un effort soutenu. Alors aujourd’hui, Jeanne va se reposer.

Quant à Jean, il profite du temps pour se promener et dériver au bord de la mer. Il roule à vélo sur toute l’île à la recherche de la meilleure des lumières pour pouvoir prendre photos et vidéos. Jean, désormais, se confie à la caméra. Son oeil de vidéaste l’emmène sur la beauté de la nature, des bords de mer, de l’estran qui reflue chaque jour tous ces éléments de la mer que l’on aimerait emmener chez soi. Chaque algue, chaque coquillage, chaque galet est une partie de l’océan qu’il faut laisser à demeure car cela fait partie d’un décor enchanteur. Jean n’écrit pas d’aphorisme le week-end pendant les vacances. Alors Jeanne se sent un peu orpheline mais elle sait qu’elle retrouvera ses assertions lundi.

Jeanne s’est lancée dans les haïkus mais elle ne sait pas si elle est fidèle à ce genre si particulier. Le haïku est l’expression d’une fugacité. Jeanne en est encore loin alors il faudra qu’elle campe au milieu de la nature pour faire part de ses sensations, entre une poule d’eau qui se nourrit de grandes herbes, un bourdon qui vient butiner un chardon ou une pie qui n’arrive plus à voler. Jeanne veut sentir les instants frémir au bout de son stylo. Imiter le chant des oiseaux en écrivant. Jeanne est toujours dans son assuétude à l’écriture mais ce n’est plus un enjeu aussi vital que lorsqu’elle était au plus fort de sa maladie. Jeanne écrit parce qu’elle vit. Jeanne vit parce qu’elle écrit.


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