De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Dire et bien vieillir

Jeanne ne souhaite qu’une chose désormais : c’est bien vieillir et continuer à dire ce qui lui passe par la tête. En tout cas, pour bien vieillir, elle a l’impression qu’il faut qu’elle continue à écrire. Intarissable sur ses contemporains, elle n’imagine pas, elle crée des situations sorties de sa mémoire. Elle veut se réaliser comme Marcel Proust mais en ne se tuant pas à la tâche. Elle ne sait pas encore quand elle mettra le point final à sa grande œuvre. Rien n’est encore défini. Elle en est encore aux balbutiements. Elle n’arrivera pas à la cheville d’Eric Chevillard qui pond tous les jours trois fragments et qui a dû accumuler pas loin de deux mille pages d’une œuvre pléthorique, aussi disserte que taiseuse. Jeanne admire secrètement cet écrivain mais le tait pour ne pas offusquer Jean.

Jeanne ne veut plus se taire désormais et profiter de son anonymat pour écrire ce qu’elle souhaite. Être loquace sur son traitement de texte est ce qui lui importe le plus au monde. Il n’y a guère plus que son œuvre qui existe et elle va mettre à profit sa période de latence pour créer une micro-entreprise d’écriture. Mais pour l’instant, elle n’a pas de voiture. Elle aime son chat, Jean et ses amies qui lui sont restées fidèles. C’est dire si elle a peu de personnes dans son entourage.

Jeanne crée et raconte des histoires de village. Jeanne se sert de son microcosme pour en faire de la fiction. C’est pour ceci qu’elle souhaite que ses récits soient publiés après sa mort. Elle ne fera paraître que des recueils de poésie de son vivant. Jeanne prétend se situer entre Balzac et Zola… Est-elle prétentieuse ou simplement trop ambitieuse ?


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