
Jeanne se sent dans l’obligation de renouveler son stock d’idées. Elle a beaucoup de mal à se renouveler et constate qu’elle tourne totalement en rond autour de ses créations. Jeanne manque d’ouvertures et de perspectives. Elle suit actuellement un accompagnement pour retourner vers l’emploi. Elle constate simplement que la conseillère en insertion professionnelle est pressée d’avoir fini. Elle finit toujours avant l’heure. Cette fille-là n’est pas motivée par ce qu’elle fait. Jeanne n’a pas vraiment apprécié les deux ateliers qu’elle a suivis hier. Elle se sent démunie et pas vraiment accompagnée. Jeanne se confronte à ses compétences et aux critères de choix pour retrouver un emploi alors que ce qu’elle veut, c’est écrire jusqu’à la fin de ses jours.
Jeanne place Eric Chevillard au-dessus du panier de la littérature. Elle éprouve une grande admiration pour cet écrivain qui suit sa ligne, une ligne, son fil de littérature qu’il n’a pas à l’usure. Chaque jour, il publie des aphorismes que Jeanne suit religieusement. Eric Chevillard n’a pas remplacé Jean dans le cœur de Jeanne mais elle éprouve une telle admiration pour lui qu’Eric pourrait effacer Jean. Mais Jean résiste et reste sur son île d’Oléron pour trois semaines encore.
Jeanne, elle, reste à Saint-Avit-les-Monts et rien ne la dérange si ce n’est qu’elle est toujours sans voiture. La sienne devrait être réparée dans les semaines qui viennent. Alors Jeanne continue à cheminer à pieds. On peut dire que ça lui fait du bien et qu’après cela, elle dort bien. Si bien que ce matin, elle s’est levée très tard et se trouve enfin reposée. Il ne lui reste plus qu’à continuer son récit sur lequel elle n’a pas avancé hier tant elle a été occupée avec ses ateliers de retour vers l’emploi. Ne pas écrire lui a beaucoup manqué. C’est sûr, elle est plus équilibrée quand elle écrit. L’écriture est la condition sine qua non d’un équilibre dont Jeanne a besoin. Alors elle s’y soumet doctement et sagement.
Jeanne n’écrit plus sur les réseaux sociaux et elle ne s’est jamais aussi bien portée. Elle y avait lâché tous ses chevaux et maintenant, elle est à court d’idées pour les alimenter. Grand bien lui fasse. Il faut absolument qu’elle s’attache à ce récit qu’elle a appelé « Le football en pays castellois ». Elle y parle de foot, de politique et d’envies de se démarquer en marquant un corner…
Jeanne se félicite aussi de ne plus faire partie de son atelier d’écriture qui lui a appris à écrire tous les jours, quoique le temps fasse. Elle ne fait ainsi plus partie de la secte Tiers Livre et c’est un soulagement pour elle. Jeanne n’aime pas les groupes et ne fait pas corps avec un système qui ne lui appartient pas. Jeanne ne fera donc pas œuvre de littérature mais tant pis, elle a retrouvé ses esprits et c’est ce qui est le plus important.
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