
Jeanne reste at home cet été. Elle se dit qu’elle aimerait être au bord de la mer, seule, dans la maison familiale. Ce serait peut-être une bonne aubaine pour renouer avec une réalité, celle des gens en bord de mer qui vivent chaque instant comme si c’était le dernier.
En réalité, Jeanne passe ses vacances à lire et, bien entendu, à écrire. Elle reste à Saint-Avit-les-Monts, ce qui ne la dérange pas tant qu’elle ne voit pas de photos de bord de mer. Mais voilà, les souvenirs des photos qu’elle a prises ultérieurement refont surface. Jeanne n’était pas seule quand elle allait en bord de mer. Qu’en serait-il maintenant si elle devait y retourner ? Serait-elle assez solide pour rester seule, ainsi, dans un endroit connu mais moins qu’Aurelcastel et Saint-Avit-les-Monts ? Jeanne veut baliser ses chemins.
Elle a tant à lire et à écrire, Jeanne, qui a lu Bristol de Jean Echenoz d’une seule traite. Elle vient d’entamer Providence d’Olivier Cadiot et se dit qu’elle le terminera avant ce soir. Elle a bien aimé le Jean Echenoz en se disant que ses transitions étaient bien trouvées. Elle s’est dit qu’elle pourrait peut-être arriver à faire pareil ? En tout cas, elle a relu le Football en pays castellois et elle se dit que son manuscrit sera bien mieux sans certains passages trop personnels. Jeanne veut-elle rester à la surface des choses ?
Jeanne veut laisser Jean libre de ses atermoiements. Elle regarde ses petites vidéos psychédéliques. Jeanne, en réalité, n’a pas la frite d’être obligée de rester à Saint-Avit-les-Monts alors que Jean s’amuse à l’île d’Oléron. Peut-être verra-t-il son amie Chrys qui vient de partir pour cette île de Charentes-Maritimes.
Jeanne, quant à elle, va continuer à lire, à écrire et se mettra peut-être à la peinture. Evidemment, il faudrait qu’elle range ses vêtements et toutes ses affaires. Mais ce sera pour un temps où elle n’aura faim de rien.
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