
Jeanne se sent seule depuis qu’elle ne travaille plus sur ses romans. Oh, évidemment, elle continue à écrire des poésies mais elle n’avance plus sur ses récits qui la tenaient en haleine et pour lesquels elle faisait surgir tout un monde. Ce monde-là est en train de s’éteindre et Jeanne n’a pas eu d’autre choix que de l’étreindre en le décrivant. Jeanne voulait faire apparaître un monde qui ne lui appartient pas, d’où les difficultés à le faire surgir. Elle est arrivée au même point dans ses deux romans et elle commence à les confondre. Il vaut mieux peut-être qu’elle se repose et qu’elle reprenne ses deux romans plus tard.
Jeanne, aujourd’hui, s’est levée très tard quand Jean profite de la fraîcheur du matin pour se mettre en train avec des vidéos qu’il est en train de monter. Jean préfère travailler à la fraîche pour se reposer ensuite dans la chaleur d’un après-midi d’été à Oléron. Il songe à faire ses préparatifs de départ. Pourtant, il a encore tant de choses à emmagasiner avant de repartir à Château-du-Loir. Jeanne se repose sur ses anciennes vidéos pour continuer à créer, un peu, comme l’inspiration et les vers viennent.
Jeanne est au bout du processus. Songe-t-elle à délaisser l’écriture ? Elle se repaît de vidéos absurdes d’enfants raisonneurs, de parents irresponsables de laisser leur progéniture en pâture devant des millions de personnes qui ne sont pas toutes bienveillantes. Ces parents ne les protègent même pas du regard malsain que l’on pourrait porter sur leurs enfants. Malheureusement, Jeanne se gave de vidéos virales pour occuper son temps alors qu’elle ferait mieux d’écrire plutôt que s’abrutir avec des abrutis. Promis, cette après-midi, elle ira voir ses vieilles copines pour discuter dans la vraie vie plutôt que vivre par procuration une vie dont elle n’a pas envie. Et peut-être qu’alors, elle se remettrait à écrire et à vivre sa vie d’écrivaine.
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