
Jeanne est toujours retenue prisonnière malgré elle. Cela fait un mois et demi qu’elle vit sans voiture. Elle vivait bien jusqu’ici le fait de ne pouvoir se déplacer à sa guise mais aujourd’hui, elle se languit de la liberté de ses mouvements. Jeanne regrette surtout qu’il n’y ait aucune politique publique en faveur des transports en commun à Saint-Avit-les-Monts. Ils sont nombreux ceux qui ne peuvent se déplacer comme ils veulent, à préférer marcher à pied plutôt qu’user du carburant pour faire un ou deux kilomètres.
A Saint-Avit-les-Monts, tout est investi dans le foot, les personnels municipaux qui ne savent pas rendre service à la population. Jeanne se tait mais elle n’en pense pas moins. Les politiques publiques ne sont pas saines à Saint-Avit-les-Monts. On court après une fleur ou deux, on installe des caméras derrière lesquelles les policiers municipaux courent mais on ne prévoit pas une bonne co-existence entre le piéton, le cycliste et l’automobiliste. Les piétons sont renvoyés ad patres sur les trottoirs quand des vélos ou des trottinettes circulent dessus. Le piéton n’est absolument pas protégé. Il s’agit d’un grave problème de sécurité routière qui n’est pas prise en compte par la municipalité. Jeanne songe à partir de Saint-Avit-les-Monts pour rejoindre Pornic, où l’on ne prend pas les gens qui ont des idées pour des imbéciles.
Jean est rentré hier à Château-du-Loir. Il doit reprendre ses marques avec son chat qui a passé lui aussi deux mois au Château-d’Oléron. Jean se réinstalle dans sa maison piano piano et mezzo voce. Il avance à pas de loups, se saisit de sa cafetière à piston pour se faire un petit café et se réveiller. Jean n’a pas bien dormi cette nuit alors il s’est levé plus tard pour rattraper le temps perdu. Il ira manger à la cafétéria de son hypermarché ce midi et ira faire des courses. Il n’a plus rien dans son frigo et ses placards. Il aurait pu manger grâce à son congélateur mais finalement, il s’est dit qu’il ira prendre la température, en ce jour de rentrée, à la cafétéria de l’hypermarché où il mangera une bruschetta.
Jeanne ira marcher aujourd’hui pour continuer à se dépenser mais il est vrai que sans voiture, elle est nettement plus limitée. Jeanne écoute Ali Farka Touré et ça la rend joyeuse. Ali Farka Touré l’entraîne jusqu’en Afrique où elle aimerait aller voir les éléphants et les hippopotames se baigner dans le fleuve. Pas question d’aller dans un zoo ou dans un refuge. Jeanne préfère aller dans un Jardin des plantes plutôt que voir des animaux en captivité. Pour les voir évoluer dans la nature, elle a ses vidéos YouTube. Et elle écoute chanter Ali Farka Touré qui l’emmène sur les rives du fleuve Niger. Jeanne a le blues du Mali.
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