
Jeanne est morte socialement, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans sa vie réelle. Jeanne ne comprend plus la société actuelle. Jeanne a une vie d’asociale et ne sait pas comment faire pour revenir dans le game, si elle doit continuer à s’isoler ou si elle revient dans un bain de foule.
Jeanne ne se retrouve pas dans la société telle qu’elle va, dans cette course folle aux extrêmes que l’on adoube au lieu de s’en éloigner. Jeanne voudrait une bonne écologie punitive pour remettre tout le monde d’aplomb avec la nature. Au lieu de cela, elle a l’impression d’assister à une course effrénée vers le rien, le néant, la surconsommation qui n’est qu’une fuite en avant.
Jean, pendant ce temps là, compte les points. Lui aussi ne se reconnaît plus dans cette société qui dévore tout sur son passage, les êtres vivants comme les morts que l’on cache pour mieux les faire réapparaître dans la littérature, car la rentrée littéraire 2025 est avant tout familiale ou n’est pas. Jeanne a perdu sa mère au début de l’année. Elle aurait pu écrire un livre sur elle mais elle épargnera les lecteurs de morceaux choisis de sa vie. Au lieu de cela, Jeanne continue sa grande fresque sur le pays castellois tant bien que mal.
Jeanne, étant morte sur les réseaux sociaux, continue à écrire mais sur ses blogs. Elle n’est pas très lue mais elle gagne petit à petit en popularité. Alors Jeanne va continuer à écrire sur ses blogs dont elle a acheté les noms de domaine. Ainsi, elle ne sera plus aux prises avec ses anciens coreligionnaires de son atelier d’écriture qui se copient les uns et les autres. Si jamais Jeanne devait être copiée, elle préférerait que ce soit uniquement Jean qui soit influencé par elle.
Jeanne se libère petit à petit du carcan de son atelier d’écriture dans lequel elle ne se reconnaissait pas, dans le fond. Mais il faut vraiment qu’elle trouve en elle le déclic nécessaire pour être régulière dans son écriture. Il va sans dire que Jeanne ne se voit pas retourner travailler dans une quelconque entreprise. Elle goûte depuis trop longtemps aux joies de l’autogestion mais il faut avant tout qu’elle s’autogère dans ses temps d’écriture. Jeanne se languit d’être seule. Sa vie sociale est réduite à peau de chagrin. Jeanne espère qu’elle pourra aller habiter à Pornic avant la fin de l’année prochaine.
Pour l’instant, Jeanne patiente pour beaucoup de choses. Elle n’a plus sa voiture et a perdu en mobilité. Elle est circonscrite à Saint-Avit-les-Monts et ne dépasse pas vraiment ce périmètre. Elle espère avoir son taxi pour aller au CMP voir son infirmière psy. Jeanne va bien. Jeanne va beaucoup mieux mais elle manque de perspectives sociales. Elle a tendance à s’enfermer chez elle. Doit-elle alors espérer retrouver un travail qui lui permettrait de gagner bien sa vie et d’avoir une petite vie sociale, même à mi-temps ? Rien que d’y penser, son cœur se serre. Jeanne pense à Jean et à ses réussites dans le monde littéraire. Et elle rêve ainsi que son fiancé virtuel vienne dans son univers.
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