
Jeanne a eu du mal à fermer l’œil cette nuit. Elle a passé sa nuit à se dire qu’elle écrivait quand elle dormait et que c’est cela qui l’avait réveillée et maintenue éveillée. Jeanne dort mais son imagination court dans son cerveau et poursuit ses pérégrinations.
Jean, lui aussi, écrit quand il dort mais cela ne l’a pas maintenu éveillé. Il a dormi du sommeil du juste pour se dire qu’il aimerait rencontrer Jeanne très bientôt. Peut-être l’année prochaine à Oléron ? Jeanne et Jean verront bien quand aura lieu cette rencontre qui devra être aussi grande qu’utile pour leurs inspirations.
Jeanne écrit quand elle dort. C’est tout ce qu’elle peut constater pour le moment. Jeanne a débuté un nouveau roman hier, un roman qui se passe à la médiathèque d’Aurelcastel. Elle y racontera ses mésaventures dans le milieu culturel d’Aurelcastel qui est un bien médiocre milieu. Un bien médiocre milieu qui fonctionne sans budget et sans véritable politique d’animation du livre. « Il faut faire mieux avec moins », avait déclaré Fabrice Visage, le maire d’Aurelcastel qui ne se mouchait pas du col.
Avec presque un an de recul, Jeanne se dit que ce n’est peut-être pas si mal d’avoir été renvoyée de la médiathèque d’Aurelcastel. Elle a ainsi pu commencer une nouvelle vie d’écrivaine mais aujourd’hui, elle souhaite en vivre et prospérer avec. Elle a un peu plus d’un an pour arriver à ses fins et elle trouve ce délai trop court. Qui l’aidera à se faire connaître ? Wait and see.
Jeanne pense à ses mortes aujourd’hui, à sa copine Pom et à sa mère qui s’appelait Claudie. Qu’auraient-elles fait pour l’aider à émerger ? Jeanne va devoir s’en sortir seule pour faire paraître un premier roman. Elle souhaite passer par un éditeur classique. Evidemment, c’est une loi de la jungle alors elle sera peut-être l’aiguille qu’il faudra trouver dans une botte de foin. Séparer le bon grain de l’ivraie. Jeanne va commencer à réfléchir à écrire une bio, un résumé de son roman et une note d’intention pour un éditeur classique.
Mais les temps politiques que connaissent la France et le monde ne donnent pas assez de garanties pour permettre de vivre avec un « produit » qui n’est pas considéré comme étant quelque chose d’essentiel. Vers qui Jeanne va donc se tourner ? Wait and see…
Laisser un commentaire