
Jeanne aimerait tant avoir la vie de Moona, une vie paisible composée de siestes et de petites promenades autour du pâté de maisons. Jeanne souhaite la tranquillité et aspire à la paix. Elle ne veut plus rien avoir à faire avec ses frères. Damien et Arnaud lui sont toxiques. Ils se sont construits autour de la folie familiale à laquelle Jeanne veut échapper.
Elle ne veut plus être dans le rond de sorcière créé par sa mère et, dans une moindre mesure, par son père qui n’a jamais rien fait pour rompre avec cette construction familiale qui s’est bâtie autour des faiblesses des parents. Jeanne a toujours été écrasée par les personnes de sa famille. Il ne faut donc pas s’étonner qu’elle ait été malade. On l’a toujours prise pour une moins que rien, une fille faible et sans avenir. Jeanne, aujourd’hui, veut prendre sa revanche sur la vie. Elle veut avoir le dessus pour être, enfin, à égalité avec ses frères. Mais ses frères sont des pervers, au sens psychiatrique du terme. Ils sont capables d’inverser leur discours pour avoir toujours raison. En tant que mâles blancs cis-genres de cinquante ans et plus, et, apparemment binaires, ils se sentent comme étant en supériorité. Ils se sentent supérieurs à Jeanne car leur mère a toujours vécu sur ce schéma là : ses fils totalement supérieurs à la moyenne et une fille toujours plus inférieure que les autres.
Heureusement, Jeanne a les aphorismes de Jean et, encore plus que Jean, ceux d’Eric Chevillard qu’elle trouve sensibles et extrêmement bien écrits. Jeanne aime la langue d’Eric Chevillard, les concepts qu’il aborde et cette poésie qui affleure à chacun des mots que Chevillard maitrise à la perfection. Donc, heureusement que Jeanne a la littérature dans sa vie, et Moona et aussi son amie Chrys qui ne sait plus quoi faire pour gérer l’anxiété de Jeanne qui pense que son frère veut qu’elle finisse sous les ponts. Jeanne ne se laissera pas faire mais il ne faut plus qu’elle se laisse atteindre par cette méchanceté qui vire à la cruauté.
Jeanne est handicapée et ses frères veulent abuser de sa faiblesse pour la spolier. Ils veulent capter tout l’héritage de leur mère pour n’en faire qu’un tas de merde. La maison de la mère de Jeanne, à Saint-Avit-les-Monts, n’est plus qu’un tas d’ordures. Les deux frères de Jeanne souffrent du syndrome de Diogène. Qui fera en sorte qu’ils soient soignés, enfin ?
Et puis Jeanne pense à Moona qui dort du sommeil du juste dans la chambre d’à côté, paisible et aimante. Les connexions entre Jeanne et Moona sont tendres, pleines d’une grande affection et d’une reconnaissance entre ces deux êtres qui se suffisent à elles-mêmes. Elles s’aiment, tout simplement et c’est ce qui est le plus important. Jeanne aime aussi Jean à qui elle dédie ce Jeanne et Jean qui continuera tous les jours pour rendre compte de la vie de Jeanne qui est bien mieux que l’histoire d’un film ou d’une série.
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