
Jeanne écrit sur sa vie. Elle a entamé un nouveau roman pour parler de ses expériences professionnelles en médiathèques. Elle décrit ses derniers collègues, parle de l’ambiance générale et ses envies d’en partir bien qu’appréciant le métier de bibliothécaire qui est un métier de partages de sensations. Or, elle n’était pas appréciée de ses collègues et de certains lecteurs. Elle était sans doute trop malade pour être totalement capable de travailler de nouveau. Elle n’était pas assez solide pour avoir une vie sociale totalement épanouie. Aujourd’hui, Jeanne est encore fragile mais elle se soigne.
Jeanne est trop souvent isolée de ses contemporains. Elle est souvent seule dans son coin, dans ce tout petit coin dans lequel elle se met depuis qu’elle est née. Jeanne n’a jamais été sur le devant de la scène dans sa fratrie et sa famille. Elle est celle qui se met sur le côté pour observer. Et en 53 ans, on peut dire qu’elle en a vu des motifs d’énervements et d’agacements, ces motifs de rigolade et de moqueries qu’elle tait pour ne pas passer pour une mauvaise fille. Jeanne écoute, observe, ce qui lui permet aujourd’hui d’écrire des romans.
La vie de Jeanne est aujourd’hui la source de ses fictions. Et peut-être que ce n’est pas bon.
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