
Voilà plus de vingt ans que Jeanne n’a pas vu Jean. Cette rencontre furtive à Carhaix reste un délice dans la mémoire de Jeanne et non un délire. Sur quelle musique se sont-ils réellement aimés ? Dans quelle mesure Jeanne a-t-elle rougi ?
Jeanne se souvient de ses bras qui auraient pu l’enlacer, de ce sac à dos qu’il avait mis à ses pieds, de ses jambes repliées sur elles-mêmes et de ce dos qui s’était fait tout rond. Avait-il un cheveu sur la langue ? En tout cas, il avait les yeux rieurs que Jeanne imagine qu’il a conservés.
Jean est un trublion attentif aux mouvements de mélancolie. A Carhaix, Jeanne sortait à peine d’une dépression carabinée. Elle n’a pas été assez attentive aux éléments qui l’entouraient. Sauf à Jean qui lui avait proposé de l’aider à emmener des chopes de bière aux personnes qui étaient avec elle. Mais, connement, Jeanne lui a refusé. Jeanne le regrette amèrement aujourd’hui car cela aurait pu être le départ d’une belle histoire.
Jeanne sait que Jean a été vivement déçu ce jour-là. Il ne le lui a pas dit mais depuis, il lui en veut quand même un peu. À défaut d’en faire sa femme, il en a fait sa muse comme Jeanne fait de Jean une muse tout terrain. C’est ainsi que Jeanne et Jean se sont épousés par poèmes interposés.
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