
Jeanne s’est promenée hier, dans un chemin parallèle au chemin de la poule. Dans le chemin du coq, il y a une grande haie avec des cynorrhodons, des cenelles et des prunelles. Cette haie rejoint celle du chemin de la poule. Ces deux chemins, du coq et de la poule, sont deux chemins parallèles. Ils ne se rejoignent que par cette haie dans laquelle habite toute une faune. Jeanne se souvient de cette haie quand elle était petite. Cette haie l’intriguait car il y avait ces gratte-culs avec lesquels elle jouait avec ses copines.
Ce sont de vieux souvenirs et Jeanne a bien vieilli. Le Saint-Avit-les-Monts d’aujourd’hui ne ressemble plus au Saint-Avit-les-Monts d’hier. Jeanne n’a pas vu le temps passer. Cela lui fait penser à son amie Pom partie il y a deux ans. Jeanne n’a plus personne pour l’encourager dans son métier d’écrivaine. Jeanne est seule dans son écriture et c’est sans doute beaucoup mieux ainsi. Elle préfère aujourd’hui regarder les oiseaux venir à la mangeoire qu’elle a installée. Et cette simple présence lui fait plaisir et suffit à sa petite vie.
Jeanne pense à Pom et à la vie qu’elle n’a pas vécue ces deux dernières années. Pom etait vouée à un avenir. Peu importe s’il aurait été brillant ou non mais Pom avait encore de grandes choses à réaliser pour perpétuer le vivant. Pom s’attachait à la vie, au vivant, avec une tolérance dont beaucoup de gens auraient pu prendre exemple. Pom était une des meilleures amies de Jeanne. Aujourd’hui, Jeanne pense à elle. Elle ne la pleure pas mais elle la remercie d’avoir existé.

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