
Hier, Jeanne voyait la vie en noir et se demandait quand allait advenir la fin du monde. Alors qu’il fait beau et chaud actuellement, Jeanne voit la végétation renaître. Les perce-neiges, les crocus et les jonquilles sont réapparus avec plus ou moins de précocité.
Jeanne ne s’est pas préoccupée de l’actualité, aujourd’hui, alors elle voit moins la vie en noir. Elle n’a pas envie qu’on lui fasse peur avec des nouvelles démoralisantes. Oui, Jeanne fait la politique de l’autruche. Comme elle l’a toujours fait dans la vie. Mais la peur n’évite pas le danger. Alors elle a décidé d’être moins effrayée par les conjonctures actuelles.
Jeanne regarde Moona dormir et elle entend Jean faire quelques soupirs. Oui Jean, parfois, s’ennuie. Alors Jeanne fait un poème pour le rendre blême d’amour. A quoi tient réellement la passion ? A quelques mots, quelques blancs et le bruit mat d’un oubli de soi ? Jeanne ne s’oublie pas. Elle revit aujourd’hui alors que tout était si mal parti. Quant à Jean, il s’oublie dans la poésie pour le plus grand plaisir de Jeanne qui se sent revivre au contact de ces quelques mots, ces quelques vers et ces silences qu’elle remplit d’un amour brut qui ne fait pas semblant.

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