
Jeanne est subjuguée par les mots. Elle est toujours étonnée d’une construction de phrase, de mots assemblés qui font sens. C’est une réalité tellement abstraite pour elle en ce moment. Jeanne construit des phrases à l’aide de mots qu’elle ne connaît pas toujours. Ce sont sans doute des réminiscences de lectures antérieures, à une heure où Jeanne était encore intelligente.
Aujourd’hui, Jeanne est plutôt dans la pente descendante de son intelligence. Elle se trouve parfois démunie quand elle n’arrive pas à trouver ces mots qu’elle assemblerait pour construire des phrases, rédiger des textes, élaborer des récits qu’elle ne donnera jamais à lire de son vivant. Alors elle pense à Jean qui, lui, publie tout le temps.
Jean est un Stakhanoviste de la littérature. Jean-Stakhanov n’est jamais en panne d’inspiration. Il multiplie les réalisations et dédie sa vie à la littérature. Il ne gagne pas très bien sa vie tant il réinvestit toujours dans les moyens d’expression. Jean, après tout, ne fait que s’exprimer. Comme Jeanne, qui a des choses à dire quand son sifflet n’est pas coupé. Jeanne et Jean se stimulent quand il en est toujours temps.
Quand Jean n’écrit pas, il joue aux osselets. Il possède des os de narval qu’il lance sur sa piste de vert. Il souffle sur les osselets en pensant à Jeanne. Un jour, sans doute, joueront-ils à deux. En attendant, ils s’envoient des vers dans les airs.
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