
Jeanne est-elle en manque de reconnaissance ? A l’instar de Charlotte Casiraghi, fille de la princesse Caroline de Monaco ? Cette brave jeune femme a écrit « La fêlure », un récit où elle raconte les failles de son statut social et les préjugés dont elle fait l’objet en tant que « fille de ». Une « fille de » people, qui voudrait sortir de sa case people pour entrer dans le grand giron des femmes intelligentes et intellectuelles.
Madame Charlotte Casiraghi fait-elle œuvre littéraire en ayant écrit « La fêlure » ? Qu’y a-t-il derrière cet aveu de fragilité chez cette femme à qui on a tout donné ? Les entrées, les sorties, la richesse et aussi ce pauvre ennui qui doit l’animer, comme l’ennui a animé Jeanne quand elle a lu quelques lignes de cet aveu de faiblesse. Charlotte Casiraghi fait-elle partie de la race des faibles alors que toute sa famille fait partie de la caste des dominants ? Jeanne laissera les gens libres de leurs jugements.
La fêlure est-elle une failure ? Fait-elle aveu d’échec en écrivant un livre ? Madame Charlotte Casiraghi est certainement intelligente. On lui a mis toute la culture entre les mains, toute l’éducation nécessaire pour qu’elle puisse se comporter en honorable personne. Madame Casiraghi est une écrivaine passable alors qu’elle a dû avoir une mention très bien lorsqu’elle a passé le baccalauréat. Invitée de Frédéric Beigbeder, où chacun écrasera son monde avec ses références philosophiques et littéraires (madame Casiraghi, grâce à son statut social, a pu rencontrer de nombreux écrivains et philosophes). L’émission de Frédéric Beigbeder est un haut lieu de mondanité. On nous donne en spectacle des êtres que Jeanne a envie de fuir, préférant discuter avec les losers comme Jean-Louis, malade psychique qui fut content, en son temps, de recevoir une dédicace du « clown ». Il devait avoir cinq ans et il s’en souvient encore à l’orée de ses 62 ans. Puis il y a tout un tas de gens que Jeanne rencontre tous les jours et qui n’ont pas eu le loisir de discuter avec un écrivain (un vrai, pas un écrivant comme Jeanne) ou un philosophe. C’est à peine s’ils peuvent parler avec leur médecin, l’homme le plus illustre de leur vie. Et puis aussi le maire de leur commune, qu’ils connaissent à peine.
Jeanne n’a pas envie de se noyer avec le « malheur » d’une pauvre petite fille de riche qui a des problèmes de riche. Madame Casiraghi sait de quoi ses lendemains seront faits. Elle a la beauté, l’intelligence et la richesse avec elle. Que dira-t-elle à Marylène qui, à 62 ans, a le dos cassé d’avoir trop travaillé ? L’esprit ruiné à force de regarder la télé ou les reels de Tik Tok ? La seule personne célèbre qu’elle a rencontrée « en vrai », c’est Jean-Luc Lahaye.
Madame Casiraghi a le droit de se lamenter sur son sort mais il faut le faire avec talent. Ce dont, d’après les quelques lectures de Jeanne, elle est dépourvue. Mais elle a eu un contrat d’édition. Elle vend des livres. La « vue sur les réseaux sociaux et dans Paris Match » fait vivre une maison d’édition grâce à son nom. Elle vend des livres. La fêlure de Charlotte Casiraghi est-elle d’être une tête de gondole ? Jeanne, en bonne loseuse, malade en rémission, se dit qu’elle n’a pas le cynisme de cette caste de dominants qui étale ses richesses… culturelles, sociales et économiques. Jeanne Decouty souhaiterait redevenir communiste à défaut d’un socialisme plus virulent.
Le livre de madame Casiraghi est éminemment politique avant d’être littéraire. D’autant que ce livre coûte 22 euros pour 350 pages écrites en caractères de corps 16. Jeanne risque, d’ici quelques temps, de s’engager politiquement. Avec tact, discrétion et assurance.
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