
Je suis proscrite et je t’emmène avec moi dans mon interdit. Je suis interdite de tout, de tout mon langage, de toute ma langueur, de toute ma candeur. Je vivais au pays du sourire levant et je vis désormais au pays de la grimace couchante. Je suis absorbée par tes longueurs, tes absurdités et tes à-peu-près. J’en suis au même point. Je ne lève pas ici le voile du mystère qui t’appartient tout entier. Je te veux à mes côtés et tu t’approches de mon irréalité. Je te veux irréel mais tu es bien réel. Je t’ai rêvé et il y avait un goût de vérité dans ce rêve où les traumas n’étaient pas de bon aloi. Je te veux dans mon trauma pour qu’il cesse de m’achever. J’entretiens avec toi toutes ces correspondances que tu ne liras même pas. Ou pas encore. Je les lirai avec toi.
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