

Jeanne adore les nénuphars sur l’eau mais avec cette chaleur, ils prolifèrent et prennent l’oxygène des poissons qui ont bien du mal à se frayer un chemin avec ce Loir qui est bas. Les pluies d’il y a deux jours n’ont pas rétabli un quelconque équilibre bien entendu. Le Loir continue à s’assecher et Jeanne avec par-dessus le marché. Le Loir, c’est sa raison d’être, son oxygène, un endroit où elle peut poser les yeux sans trébucher. Le Loir est calme, bien trop calme pour être honnête. En parlant d’honnêteté, ce n’est pas l’honnêteté qui étouffe les collègues de Jeanne. Encore un endroit où elle n’est pas acceptée. Jeanne ne se fait plus d’illusions. Elle ne sera jamais acceptée nulle part. C’est son lot, la part de sa maladie qui l’éloigne des autres. Elle est seule, irrémédiablement seule, encore plus seule depuis que Jean est parti à Oleron. Elle, elle ira voir Groix au mois d’août.
Et Jean qui est poète ce matin avec ce pâle rayon de lune qui tombe en poudre sur l’ardoise. Elle l’aime encore plus, son Jean du présent. Son Jean du blog. Son Jean des aphorismes.
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