

Drôles de pensées du petit matin pour Jeanne. Ça se bouscule dans sa tête. Elle a pensé à mourir, puis elle a pensé à son Jean, pour lequel elle voue un amour toujours aussi grand. Peut-être que ça recommence à être l’anarchie dans sa tête après trois à quatre mois d’accalmie. Jeanne aimerait que sa vie soit linéaire, qu’elle ne passe plus par des moments de contradictions et d’oppositions. Mais c’est le propre de sa maladie. Aujourd’hui, Jeanne doit rencontrer une personne de son atelier d’écriture. Elle doit se rendre à La Trinité sur Mer. Trois quarts d’heure de route. Elle espère ne pas avoir d’accident. Elle va rester concentrée. Mais elle va enfin voir une autre personne que sa mère. A marquer d’une pierre blanche. Jeanne se sent un peu comme ce goéland qui peut marcher mais pas encore voler. Il faudra bien que Jeanne prenne le vent et se laisse porter par le courant d’air pour aller plus loin. Ce matin, il ne fait pas beau en Bretagne. Vivement ce soir, que Jeanne avance sur son roman.
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