
Jeanne affirme qu’elle ne pense pas être jalouse. Mais qu’en est-il vraiment ? Elle sait simplement qu’elle a été blessée plus d’une fois par un désintérêt, un desamour et une préférence fièrement affichée. Cette fascination pour ce que l’on prend pour de l’intelligence, cette éternelle admiration sans borne pour l’enfant que l’on a pris pour un médicament, un antidépresseur. Un objet d’eternelle fierté ? Un prolongement de soi qui flatte le narcissisme et qui renvoie une belle image de soi. Le puits sans fond maternel. Jeanne a dépassé le stade de la jalousie depuis bien longtemps. Elle y croit fortement. Elle ne vit que pour elle et n’en n’a que faire de l’image qu’on lui renvoie, quelle qu’elle soit. Elle a juste envie d’exister pour elle et pas à travers les yeux de personnes affectivement immatures. Sa mère et ses frères n’ont pas dépassé le stade affectif de leurs six ou dix ans. Jeanne aussi est immature. Elle ne cherche plus l’amour ou l’assentiment de qui que ce soit. Elle n’en est plus là. Heureusement ou malheureusement ? Chacun appréciera. Elle a juste besoin parfois qu’on la reconnaisse pour ce qu’elle fait et non pour ce qu’on voudrait qu’elle soit. Jeanne n’est jalouse de personne. Elle note simplement que, peut-être, des personnes l’envient parfois pour ce qu’elle est. Ou la maudissent pour ce qu’elle fait et ce qu’elle ne fait pas. C’est ce qu’elle se dit parfois. Mais après tout, elle s’en fiche. Elle veut continuer à cultiver ce qu’elle prend pour une singularité. Quand elle était petite, sa mère disait d’elle devant les autres que Jeanne était originale. Aujourd’hui, elle en rigole volontiers. C’est ce que sa mère disait pour qu’on ne dise pas d’elle qu’elle était gogole. En fait, Jeanne est une gogole et je crois que ça lui suffit pour l’instant pour exister. Ce n’est pas forcément un signe de reconnaissance, c’est une question d’existence.
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