
Jeanne se pose beaucoup de questions sur son entourage proche, et, a fortiori, sur ses voisins. Elle ne sait pas qui sont ses voisins d’en face, ceux qui habitent dans la Maison de la vierge. Une belle maison qui a l’air d’abriter tout un tas de gens, des jeunes et des moins jeunes. Jeanne a vu sortir de cette maison des hommes et des femmes qu’elle n’avait jamais vus. Ils se sont engouffrés dans un fourgon aux vitres teintées. Une fourgonnette de couleur grise. Jeanne n’avait jamais vu tous ces gens. Depuis plus de vingt ans qu’elle habite sa maison, Jeanne n’avait jamais remarqué tant de mouvements alors que sa rue est apparemment calme.
Jeanne sait à peine comment s’appelle son voisin d’en face. Elle vient de s’en souvenir mais n’est pas capable de mettre une tête sur ce nom. Ou à peine. Jeanne se dit que la Maison de la vierge est le théâtre ou le décor d’un film, d’une émission de téléréalité ou d’une série dont elle ne fait pas partie. Jeanne fantasme sur cette maison et pourrait écrire quelque chose, pourquoi pas un nouveau roman ou un nouveau récit. Elle va essayer de surveiller les allées et venues de cette maison qui, semble-t-il, va rester ouverte tout l’été.
Quant à Jean, il ne débotte pas de l’île d’Oléron où il se trouve bien à filmer tout ce qui l’entoure. Le montage l’amuse vraiment. Il se sert parfois de Tik Tok et de son intelligence artificielle pour faire de petites vidéos de vingt à trente secondes qu’il donne en pâture sur YouTube. Et il faut dire qu’elles ont beaucoup de succès. Comme un avant-goût de ses futures vidéos-poésies qu’il mettra en ligne dès le mois de septembre, quand il sera à Château-du-Loir. Il les dédie, dans sa tête, à sa Jeannette qui est plus seule que jamais. Mais Jeannette avance dans ce désert social et continue à écrire de plus belle.
Jeanne a commencé Bristol de Jean Echenoz et elle souhaite le finir aujourd’hui. Ce roman est, pour elle, un véritable page turner qui la tient en haleine. Elle le lira cette après-midi puis elle écrira son Football en pays castellois. Jeanne a plus que jamais besoin de s’exprimer. Elle le fera dans la quiétude d’un après-midi d’été.
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