
Jeanne se replonge dans la Recherche de Proust qu’elle avait mise de côté depuis le deuxième épisode caniculaire qui l’a tant fatiguée. Elle rit plus volontiers cette fois-ci qu’à la première lecture où elle avait été si déférente envers Proust alors que Proust, sous sa plume, n’épargnait personne. Et, à ce stade de la Recherche où Swann tombe amoureux d’Odette de Crécy, Jeanne tente de comprendre Swann et les méandres de sa jalousie. Un sentiment que Jeanne, jadis, avait éprouvé mais il n’en n’était plus question à l’heure actuelle. Jeanne aimait Jean platoniquement et la réciproque était vraie elle aussi. Et puis Jeanne se soumettait de nouveau à la musicalité des phrases de son Marcel et cela suffisait à son bonheur. Elle avait l’impression, avec ce rythme si particulier, d’être emmenée dans un champ d’intelligence si gaie, si colorée, si amoureuse, si précieuse. Jeanne était, effectivement, amoureuse de Marcel Proust qui ne l’aurait jamais regardée s’ils avaient vécu à la même époque. Mais peu importe se disait Jeanne. L’important était qu’elle rencontre de nouveau ce Marcel en 2026, histoire de donner du corps à sa propre œuvre. Jeanne était en panne d’inspiration. Elle avait besoin d’un bon coup de boost. Alors Proust allait lui donner quelques pistes de travail pour se remettre à l’ouvrage.

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