
Comme tout le monde, Jeanne est fatiguée de cette chaleur et n’aspire qu’à une chose : au repos. Elle est fatiguée de l’incurie des gouvernants qui continuent à empirer leurs politiques anti-climat. Donc, Jeanne sait pour qui elle votera en 2027 et ce n’est ni à l’extrême-droite, ni à droite et ni à l’extrême-centre. Jeanne fonde tous ses espoirs dans un vert aux couleurs de l’espérance. Un vert couleur vert amande, couleur d’une écologie punitive qui devrait mettre tout le monde au pas. C’est tout ce qu’elle souhaite. Jeanne est contre cette société de consommations du vivant et des vivants. Les influenceurs se consomment même eux-mêmes tellement ils ont de vanité en eux. Ils s’aspirent pour nous rejeter leurs merdes. Alors, Jeanne veut former une véritable barrière entre elle et eux, entre eux et le reste de l’humanité. Mais que ne ferait-on pas pour gagner cinq centimes d’euros ?
C’est ainsi que Jeanne reste seule dans son quotidien et qu’elle ne parle à personne d’autre que ses quatre murs, à Moona évidemment qui se planque pour s’épargner de la chaleur, et à son traitement de texte auquel elle confie ses secrets les plus précieux (mais Jeanne a l’impression, parfois, que quelqu’un lit par-dessus son épaule). Il y a Jean auquel elle n’arrive toujours pas à écrire de poème. Et il y a encore un peu de vie dans son jardin : un ou deux merles, un ou deux papillons, un ou deux bourdons. Son magnolia et sa pelouse sont en train de mourir. Voilà la vie de Jeanne qui se résume à peu de choses. Elle a entendu une petite voix lui seriner quelque chose d’étrange et, depuis, plus rien. Les voix lui fichent la paix et Jeanne n’écoute désormais que les petites phrases de Jean qui est, lui aussi, télépathe. Et ce sera ainsi jusqu’à la fin de leur vie.
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