De Jeanne à Jean

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Jeanne pense à Jean, son amant de Saint-Jean

Jean épouse le temps

Ici là et ailleurs

Jean veut continuer à vivre avec son temps mais sent bien que la planète a atteint ses limites. Alors quoi faire pour enrayer la marche du temps ? Revenir en arrière ? Arrêter de vivre dans une masse et à la masse ? Toutes ces quantités de biens produits et surproduits sont-elles sources de bonheur ? Parfois, savoir se contenter d’un peu ramène des lueurs de lucidité. Jeanne et Jean usent beaucoup trop de leurs matériels informatiques qui artificialisent les sols. Chacun d’eux a un cloud qui se matérialise sur la terre par de la place dans un data center. Alors Jeanne préfère sauvegarder ses données dans un disque dur de 4 TO alors que son cloud est d’1 TO. Mais jeanne et Jean ne prennent pas l’avion et utilisent la voiture uniquement quand c’est essentiel. Pas de clim pour eux. Ils se chauffent à l’électricité (ce qui fait fonctionner les centrales nucléaires à bout de souffle avec cette chaleur). Mais leur seule surconsommation reste le livre. Tous les deux sont atteints de tsundoku. Jeanne lit Édouard Levé, Jean lit Marguerite Duras. Et leur été est simple et doux malgré cette planète qui brûle de partout. Y a-t-il un mot japonais pour dire que la planète a atteint ses limites d’habitabilité ?


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